Améliorer la sécurité routière

20 Juin 2019

Améliorer la sécurité routière

Certaines intersections sont plus dangereuses que d’autres, comme peuvent le démontrer les données d’accidents reportés sur la carte d’un réseau routier. Plutôt que d’attendre que les accidents se produisent pour sécuriser les intersections, il est possible d’utiliser les données de trafic collectées sur le réseau pour identifier les intersections à risque. C’est ce qu’a démontré pendant son doctorat Joshua Stipancic, maintenant stagiaire postdoctoral sous la supervision de la professeure Aurélie Labbe.

Aujourd’hui, de plus en plus de données sont collectées sur nos déplacements. Il est possible de mettre à profit cette information à des fins de sécurité routière. »

Par exemple, la Ville de Québec a lancé en 2014 l’application mobile montrajet.ca permettant de colliger en temps réel les informations de positionnement et de vitesse des automobilistes sur le réseau. Ce sont ces données, disponibles en accès libre, que Joshua Stipancic a utilisées pour générer des indicateurs de risque (freinages ou accélérations brusques, congestion et vitesse) pour chaque segment routier. À partir des données d’accidents de la Société de l’assurance automobile du Québec, il a ainsi démontré que ces indicateurs contribuent significativement au risque d’accident, ce qui permet de quantifier le risque pour chaque segment. Il est donc possible à l’aide d’une telle méthodologie d’identifier un site dangereux sans qu’aucun accident n’y ait été enregistré jusqu’à présent. Ces segments mériteraient sans doute d’être sécurisés mais pour que les conclusions soient fiables, il faut que le modèle soit entraîné sur un très grand nombre de données, ce qui n’était pas le cas du projet pilote montrajet.ca qui a été mis en service pendant deux semaines. Il existe cependant d’autres sources de données beaucoup plus denses, comme celles collectées par les compagnies d’assurance automobile à l’aide des programmes qui relèvent les données de déplacement et ajustent la prime d’assurance en fonction du type de conduite du conducteur. C’est avec de telles données, combinées avec les registres d’accidents, que Joshua Stipancic scrutera la sécurité du réseau routier de la Ville de Montréal.

Aurélie Labbe
Professeure titulaire, HEC Mtl