9 juin 2021

Portraits d’étudiant.e.s IVADO – Jacinthe Pilette

Notre initiative « Portraits d’étudiant.e.s IVADO » consiste à partir à la rencontre des étudiant.e.s de notre communauté pour faire connaître leurs parcours, leurs motivations et leurs ambitions ! Nous avons interrogé Jacinthe Pilette, boursière IVADO à la maîtrise à l’Université de Montréal.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je suis actuellement étudiante à la maîtrise en physique des particules à l’Université de Montréal. Je me suis toujours questionnée sur notre Univers, ce qui le compose et les lois qui le régissent. La physique me permet de répondre à ces grands questionnements et d’assouvir ma curiosité! Les particules m’intéressent particulièrement, car ce sont elles qui constituent toute la matière ordinaire de l’Univers (nous ne connaissons toujours pas la composition de l’autre type de matière connue : la matière sombre).

  • Quel est ton parcours? 

J’ai fait mon cégep en sciences de la nature au Collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse. J’ai ensuite obtenu mon baccalauréat et ma maîtrise en physique à l’Université de Montréal. Durant mes études de premier cycle, j’ai pu effectuer deux stages d’été au sein du Département de physique. Durant mon premier stage, j’ai eu la chance de visiter le laboratoire SNOlab à Sudbury en Ontario, situé dans une mine à 2 km sous terre et qui accueille plusieurs expériences étudiant la matière sombre. Mon deuxième stage m’a menée à mon projet de recherche de maîtrise actuel.

  • Qu’est-ce-qui t’a motivé à t’orienter en intelligence numérique ? 

D’abord, c’était par curiosité. J’avais envie de me lancer un défi et d’apprendre à travailler avec l’apprentissage machine. C’est une compétence de plus en plus recherchée sur le marché de l’emploi. Également, pour moi qui avais de la difficulté avec la programmation, c’était une façon de me pousser. C’est aussi un outil de plus en plus utilisé en physique pour diverses tâches en recherche. En physique des particules, l’intelligence numérique nous permet de nous aider dans nos recherches de nouvelles particules. C’est un terrain d’application qui m’a interpellé, et j’avais envie de voir les découvertes que nous pouvions faire avec l’intelligence numérique.

  • Sur quoi travailles-tu dans le cadre de ton projet de recherche?

Je travaille au sein d’un groupe de recherche associé à l’expérience ATLAS du Grand collisionneur de hadrons (LHC). Le LHC est un immense accélérateur de particules circulaire situé à la frontière franco-suisse. On y accélère des protons à une vitesse proche de celle de la lumière pour les faire entrer en collision et observer les débris résultants. ATLAS est le détecteur qui nous permet de recueillir et d’observer ces débris. Mon projet consiste à appliquer un algorithme d’apprentissage machine dans les données de ce détecteur pour essayer de découvrir des traces de nouvelle physique qui nous permettrait de répondre à de nombreux questionnements en physique des particules.

  • Quelles qualités te sont utiles dans ce projet?

La patience, la créativité et le travail d’équipe sont des qualités très importantes pour travailler au sein du LHC et avec l’intelligence numérique. Souvent, on avance à petits pas pour trouver le meilleur algorithme d’apprentissage pour un problème donné. La créativité est essentielle pour trouver des solutions aux difficultés d’application d’algorithmes dans des données complexes comme celles du LHC, et le travail d’équipe est nécessaire pour travailler dans une collaboration internationale, échanger les idées et s’entraider.

  • Quelles sont tes ambitions pour l’avenir?

J’adore la physique, mais j’adore aussi en discuter avec les gens et transmettre mes connaissances. C’est pourquoi je souhaite éventuellement enseigner la physique au cégep, mais aussi participer à des projets de communication scientifique grand public. J’espère aussi contribuer à faire de la physique un domaine plus attrayant et accueillant pour les femmes et les autres minorités, car la physique est encore de nos jours un domaine très masculin.

  • As-tu une ressource à partager?

Le livre Qu’est-ce que le boson de Higgs mange en hiver et autres détails essentiels de la physicienne Pauline Gagnon est un excellent résumé vulgarisé de la physique des particules. Sinon, attrapez-moi à l’émission Réflexions avec Pierre du 27 mai à 20h sur les ondes de CKVL 100,1 FM pour nous écouter discuter des particules, du LHC et de mon projet de recherche !

  • Quel est ton rapport à la technologie / à l’intelligence numérique?

Je suis convaincue que l’intelligence numérique a la capacité d’améliorer nos conditions de vie et nos capacités en recherche. Par contre, il faut s’assurer que les algorithmes et les technologies développé.e.s soient construit.e.s et appliqué.e.s d’une façon éthique et équitable. Les acteurs et actrices de l’intelligence numérique, dont nous faisons partie (les étudiant.e.s), ont le devoir de s’informer sur les enjeux d’équité et d’inclusion en lien avec l’intelligence numérique et de s’assurer qu’ils et elles contribueront à une application responsable et consciente de ces avancées lors de leur intégration sur le marché de l’emploi.